Suite de mes aventures avec l'ONG Bless en Inde du Sud !
Ca a un petit côté marrant de décrire dans le détail, avec moult effets de surprises et de découvertes, ce qui est le travail quotidien (et peut etre un peu rebarbatif) d'un tas de gens ici ! J'imagine mon étonnement (mon agacement ?!) si un jeune japonais était venu me voir à Scientipole Initiative, s'extasier de ce que je faisais et en rendre compte aussitôt à ses amis sur un blog !! Remarquez, j'ai vécu un peu ça il y a quinze jours quand 3 animateurs d'un réseau de microfinance sri-lankais sont venus manger à la maison et ont pris en photo, avec grand empressement, les éclairs au chocolat ou les mille-feuilles fraichement ramenés de la patisserie "française" de Pondicherry, Baker Street !
Bon, pour en revenir à Bless, j'ai décrit succintement la semaine dernière le "coeur de métier", je voudrais m'attarder sur un programme spécifique, financé par les vétérinaires américains, de soutien à quelques familles en difficultés au Tamil Nadu.
L'idée est de sélectionner 24 groupes dans 14 villages et de les former pendant 6 mois à l'hygiène, la santé, les rapports hommes/femmes, le respect des différences, le travail des enfants, l'économie domestique, les risques sanitaires... Si tout se passe bien, chaque famille se voit donner une chèvre. Elle a la responsabilité, avec l'aide de Bless, de s'en occuper, d'en prendre soin, de la soigner... Avec un peu de chance, ces chèvres donneront un veau au bout de 8 mois et, surtout, donneront régulièrement à la famille du lait.
A ce moment là, la famille doit rendre la chèvre, qui sera donnée à une autre famille. Et, si tout va bien, elle aura à la fois généré un revenu, mais surtout accumulé un capital (le veau), d'une valeur de 2500Rs. Au bout de 3 ans, si elle s'est bien débrouillé, elle pourrait se retrouver avec 30 chèvres, d'une valeur global de plus de 60 000Rs.
J'aime beaucoup ce côté "apprentissage par la pratique", on fait confiance, on donne quelque chose de concret, pas juste des conseils, de la formation ou de la micro-monnaie, et on démarre un cycle d'accumulation de capital et de génération de micro revenus. C'est aussi un moyen intelligent d'insérer la microfinance dans un processus plus global d'éducation à la santé, à l'égalité, à la promotion du rôle de la femme... et ça peut aller assez vite (2500 groupes devraient être touchés d'ici 3 ans).
Whaou quel pays fabuleux l'inde : les chèvres donnent des veaux !!!!!
Rédigé par: Erik | 26 septembre 2008 à 02:40