Si la crise financière a un rôle positif, c’est qu’elle amène à s’interroger sur les mécanismes financiers, qu’ils soient boursiers ou très locaux. France Inter en prenait sa part la semaine dernière, en consacrant un court sujet dans l’excellente émission « Et pourtant elle tourne », au lien entre crise financière et microcrédit (http://www.radiofrance.fr/franceinter/em/etpourtantelletourne/ ) Au fond, dans une vision financière du sujet, le boulot des institutions de microfinance, ce n’est ni plus ni moins que d’acheter de l’argent en gros pour le redistribuer en détail. Le mouvement de ces dernières années, en Inde notamment, c’est que de plus en plus d’investisseurs et de banques se pressent pour prêter aux institutions, et qu’avec 300 millions de « pauvres », le poids du microcrédit dans l’économie devient considérable. Le reportage retenait SKS comme « symbole » de cette microfinance « commerciale », avec plus de 1500 bureaux, 3 millions de clients, 17 milliards de roupies d’encours. Pour Vipin Sharma, le directeur général de Access Dev, l’un des principaux offices d’évaluation et d’étude du secteur, basé à Delhi, le problème c’est que les banques sont aujourd’hui à la recherche d’investissement encore moins risqués que le microcrédit, qui génère pourtant des taux de remboursement tout à fait honorable. Le risque est moins un arrêt brusque de la microfinance qu’un ralentissement de sa croissance (40% par an en moyenne depuis 5 ans tout de même) et, en conséquence, une augmentation du montant moyen prêter pour limiter encore le risque. Dans ce contexte, les institutions de microfinance commerciales, qui fondaient leur développement sur l’intervention de fonds étrangers, seront plus touchées que les « humanitaires » (dont Interaides à Pune a été cité comme exemple). Un processus darwinien « d’assainissement » du microcrédit en Inde ? Ou une incitation à renforcer davantage la compétition entre institutions sur les cibles les plus « rentables » ?
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