2eme épisode de ma synthèse mensuelle. Qu’ais je fait ? de quoi a parlé www.tacyte.org ? qui est passé nous voir ? et diverses autres considérations… du mois d’octobre à Pondicherry !
Si je continue à prendre du retard comme ça, vous êtes bon pour n’en recevoir qu’une par trimestre.
Après tout, c’est peut être normal que j’espace ces « feedbacks » au fur et à mesure que mon projet avance !
D’une manière générale, j’ai constaté en côtoyant les créateurs d’entreprises français des phases de projet assez homogènes. Après une grosse ébullition initiale, tout feu tout flamme et dans toute les directions, très centrée autour du porteur du projet, commence une phase de focalisation sur quelques opportunités, un passage progressif de l’analyse en « largeur » vers la recherche en profondeur, une mobilisation de l’énergie destinée à faire aboutir les opportunités plutôt qu’à les accumuler, dans laquelle les premiers partenaires (stakeholders peut on aussi dire joliment) apparaissent.
Cette phase produit souvent un petit passage à vide souvent plus long qu’espéré au démarrage, clients et partenaires mettant toujours plus de temps à comprendre pourquoi le projet est si génial et n’étant pas bizarrement immédiatement convaincus qu’il est vital pour eux d’y souscrire.
Une fois ce « fossé » franchit, les entrepreneurs innovants en rencontrent souvent un autre, joliment appelé le « chiasm » par Geoffrey Moore, le temps d’éduquer le « gros » du marché à partir de ses premières références ! Après tout déroule, et au bout de 20 ans on se retrouve en train de perdre en 2 jours en Bourse ce qu’on avait accumulé dans sa start up. C’est y pas désespérant tout ça ? Raison de plus pour garder la foi et regarder loin devant, on ne sait jamais ce qu’on pourrait trouver trop près !
Plus concrètement dans mon cas, le mois d’octobre a été le dernier consacré à une recherche tout azimuts. J’ai la chance rare d’avoir pu consacrer 4 mois de ma vie à parcourir l’Inde à la recherche d’entrepreneurs innovants et sociaux tout en déjeunant quasiment tous les jours avec ma famille ! Dans mon « plan », j’avais prévu de glisser doucement à la fin de l’année vers un modèle économique plus rentable et vers des actions plus opérationnelles. Ca commence à arriver doucement, autour du soutien aux PME indiennes et françaises d’une part, de l’entrepreneuriat social d’autre part, et sur le plus long terme ! Je n’en dis pas beaucoup plus pour l’instant, pour laisser un peu de suspens et de news en décembre et parce que l’Inde, surtout par ici, impose un rythme qui n’est pas toujours aussi rapide que je le souhaiterais !
1) Qu'est ce que j'ai fait ?
Quand je suis parti en juillet en Inde suivre ma femme qui allait y enseigner la biologie, beaucoup m’ont demandé ce que j’allais y faire ! Faute de pouvoir encore fournir une réponse précise, je décris par le menu mes réalisations du mois. Que ceux qui y voient une cohérence m’écrivent, ça peut m’aider !
Voyages - En octobre, donc, j’ai voyagé sur Chennai 2 ou 3 fois et été découvrir la « grande ville », Delhi pour un séminaire passionnant sur le « digital divide », ou l’identification d’usage des nouvelles technologies pour les plus pauvres. Egalement l’occasion de participer au riche colloque de Planet Finance sur les nouvelles technologies et la microfinance. J’ai raté le TIE 2008, qui regroupait entrepreneurs, financiers et innovateurs du pays. Une belle ville, avec beaucoup de monde qui se croise. Assez loin de l’image du « Washington » indien que j’en avais !
J’ai avancé sur la recherche de partenaires avec qui nous pourrions monter une offre originale de soutien aux PME sur l’Inde du sud. L’idée d’un « lieu », centre d’affaires convivial et professionnel, fait son chemin ! Et mes rencontres avec des entrepreneurs sociaux m’amènent à peu à peu mieux me représenter la complexe cartographie de ce secteur en Inde. Depuis les démarches classiques de fonds sociaux finançant ou incubant des entreprises montées par ou au service des zones rurales jusqu’aux fondations soutenant les phases d’émergence du projet, voir offrant un salaire avant même que l’idée soit clairement exprimée ; ou brevetant des technologies inventées dans le monde rural. Sans parler de la mise en relation entre nouvelles technologies et monde rural. Peut être qu’un jour j’en serais un, d’entrepreneur social !
Nous avons également fait un très intéressant tour de l’Inde de la finance sociale avec mon ami Erwan Bothorel, qui venait ici réfléchir au développement asiatique d’INAISE (www.inaise.org) , association mondiale de la finance sociale.
Par ailleurs, j’assume dorénavant la fonction de correspondant d’ALZEA (www.alzea.org), association française qui aide des étudiants à trouver des stages en Inde. J’en profite pour remercier sa fondatrice, Christine Drevet, ancienne responsable des relations internationales à l’EM Lyon, pour sa confiance !
Et nous avançons au sein de Pondi Entrepreneurs sur la réalisation d’un annuaire des entrepreneurs sur Pondicherry.
2) De quoi que j'ai causé ? Les posts de www.tacyte.org
Le 14 octobre, nous avons fêté ensemble le 2000eme visiteur. Je ne voudrais pas passer pour un accro des chiffres et je doute que la qualité d’un blog se mesure à son audience mais tout de même, nous en sommes bientôt à 3000. Vu son éclectisme et son côté un peu « ardu », ça m’étonne toujours de voir que des gens lisent ce blog, consacré à l’entrepreneuriat indien sous toutes ses formes, depuis la start up rurale jusqu’à la PME IT !
Un petit détour « loisir » d’abord par le site de rencontre Shadi (post du 30 octobre) qui révèle quelques traits culturels sur l’Inde d’aujourd’hui ! A la frontière entre loisir et questionnement existentiel, la manière de s’insérer dans le trafic avec mon scooter a été l’occasion d’une introspection sur « le positionnement d’expatrié » le 6 octobre.
Plus sérieusement, j’ai essentiellement « raconté » en octobre les gens que j’ai rencontrés.
Alexis, de la Boulangerie, d’abord, dont l’histoire m’a fasciné et qui est aujourd’hui à la tête d’une très belle entreprise sociale sur Chennai (post du 9 octobre). Non content d’être un modèle de formation professionnelle au service des plus pauvres, il fournit aux classes moyennes et expats les meilleurs (uniques ?) macarons du sud de l’Inde ! J’ai assisté dans cette entreprise à la Pooja des machines, impressionnante cérémonie qui rend hommage au matériel de production.
Le lendemain (post du 10 octobre), je « m’attaquais » à Nachiket Mor, le charismatique et visionnaire fondateur de l’ICICI Fondation. Il a créé autour de lui un écosystème d’institutions qui organisent des chaînes de production dans pas moins de 14 secteurs pour « faire travailler le marché au service des plus pauvres ». Dans chacun de ces secteurs, un « Network Enterprise Fund » capte des fonds internationaux et les utilisent pour former, auditer, lier les acteurs d’une chaîne, depuis le distributeur final, en général acteur majeur du secteur, jusqu’au paysan au fond du tamil nadu. Ca va de « l’outsourcing » rural au textile, en passant par le tourisme et l’artisanat.
Le 15 octobre, c’est à une entrepreneuse indienne que je rendais hommage. Elle tente, avec une offre de traduction et de documentation pour les éditeurs de logiciels, que je vous engage à tester, de dégager un bénéfice qu’elle redistribue à la fondation que sa mère à montée pour soutenir les femmes seules.
Le 23 octobre, ceux d’entre vous qui ont les yeux et l’esprit bien accroché peuvent essayer d’aller au bout de mon long post rendant compte de la conférence de Delhi sur le « digital divide », organisée par le brillant Osama Manzar de la Digital Empowerment Foundation. Les amateurs de la FING, de la Cantine et du web 2 en général ne seront pas dépaysés. A minima, jetez un œil à la photo du moine bouddhiste devant son powerpoint sur la numérisation de textes bouddhistes. Ca fait une synthèse simple et fidèle !
Je n’ai pas encore fini le compte rendu de la conférence de Planet Finance sur les nouvelles technologies et la microfinance. Lidsay Clinton, très efficace rédactrice en chef de MicroFinance Insights en a fait une synthèse « live » pour les plus pressés sur https://www.microfinanceinsights.com/comments_tab.asp?id=20. Les autres attendront novembre ou décembre, la livraison est en cours !
Malgré tout, le site MyC4 a été présenté et j’en ai rapidement rendu compte le 30 octobre, en émettant une réserve sur le niveau des taux proposé. Ca a donné lieu à plusieurs commentaires intéressants sur le sujet.
3) De quoi qu’ils causent ?
Il est à craindre que plusieurs millions de français (pour ne pas parler des autres cibles potentielles) n’ont même pas conscience que ce blog existe. Je les pardonne et suis sûr qu’ils trouvent des sources d’informations nettement plus qualifiées auprès d’autres blogs.
Pour les aider, et dans un geste symbolique très naturelle au 2.0eme siècle, je rends ici hommage à quelques ressources intéressantes que j’ai pu croiser autour de l’Inde en septembre :
- http://djoh.net/annuaire d’abord, propose un annuaire des sites traitant de l’Inde, par un ancien étudiant français en Inde
- http://www.aujourdhuilinde.com/ le meilleur site d’information à ce jour, politique, économique, culturel, sur l’Inde. Avec une revue des blogs dans laquelle j’espère figurer un de ces jours !
- http://benoit.granger.micfin.eu/ le site de Benoit Granger, qui traite de microfinance en général et souvent de l’Inde en conséquence, une référence sur le sujet.
4) Qui est passé ?
Nous tenons au 102 Tillae Mestri à Pondicherry la première guesthouse 2.0 de l'histoire de l'humanité : c'est ouvert à tous les entrepreneurs et artistes de passage, le gite et le couvert sont offerts pour 10 jours, mais ils s'engagent à publier un billet sur leur expérience indienne sur ce blog ! Une quinzaine ont tenté l'expérience. Un seul a pour l'instant joué le jeu jusqu'au bout (cf le billet du 3 septembre) .C’est pas mieux en octobre ! Je dénonce les autres ci-dessous et espère surtout que cela pourra peu à peu jouer son rôle de lieu, physique ou virtuel, de rencontre entre innovateurs passionnés par l'Inde.
- Pedro et Julie, 2 très bons amis français, avec qui nous avons tenté et réussi un Pondicherry-Chidanbarram mémorable en scooter
- Sanjeev et Claire et leurs 2 enfants vivent à Bangalore et ont passé un week end « pre Diwali » avec nous ! Sanjeev est probablement l’un des consultants indien le plus connu et apprécié en France. Claire est en train de monter un centre de formation pour les enfants des rues sur Bangalore
- Juliette, Nelly, Juliette, Xavier et Didier. La première Juliette en question est la cofondatrice de Anoop et Leontine dont je parlais sur mon blog avant de partir. Avec son associée Marianne de Dehli, elles développent une marque de vêtements pour enfants distribuée en France et fabriquée en Inde dans un style franco-indien du meilleur goût (anoop et leontine)
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