Après Chennai (200km au nord de Pondicherry), je poursuis mon exploration des grandes villes du sud de l'Inde.
Je reviens de quelques jours à Bangalore, ville mythique s'il en est pour quiconque a approché de près ou de loin les starts ups quelque part dans le monde !
D’après mon hôte à Bangalore (merci encore Guillaume et !), il y aurait trois attractions touristiques majeures à ne pas rater : les bouchons, la vie nocturne et le campus d’Infosys. Un peu réducteur, certes, mais utile pour ce billet, donc je prends !
Les bouchons, ça m’a beaucoup déçu. J’ai bien eu une bonne heure d’attente à 19 heures pour revenir d’Electronic City au centre ville, mais franchement, j’ai déjà fait mieux en France, entre notre Electronic City à nous qu’on aime (le campus d’Orsay et ses environs) et ma maison à moi que j’aime (dans le val de marne). Les bouchons, donc, je ne recommande pas, même si je dois dire que la ville fait ce qu’elle peut pour les développer !
La vie nocturne, c’est effectivement plus « riche » qu’à Pondicherry ou à Chennai… jusqu’à 23 heures. Passé cette heure, c’est la police elle-même qui vient fermer les bars.
Reste donc le campus d’Infosys, et ça, ça vaut le détour. De l’extérieur, déjà, ça a de la gueule, ces dizaines de bus qui « déversent », il n’y a pas d’autres mots, ces travailleurs par centaines à la porte l’usine. Electronic City, la zone économique spéciale qui abrite les sièges d’Infosys, de Wipro, de HP… est à plusieurs dizaines de kilomètres de la ville et chaque compagnie se voit donc obliger d’affréter des bus pour faire venir ses salariés tous les jours. Pour les stagiaires, clients, partenaires… Infosys contourne le problème en gérant un hôtel de 400 chambres sur son site !
Ensuite, quand on a la chance comme moi d’être déposé porte 23 au lieu de la « main gate porte 1 », on constate avec ses pieds l’immensité du bazar ! Après avoir passé un contrôle digne des meilleurs aéroports (numéro de série du PC, mel d’introduction bien reçu…. !), j’ai eu le plaisir, grâce à Vincent, brillant stagiaire impliqué dans la réflexion stratégique d’Infosys sur le rôle des entreprises IT dans l’énergie en Inde, de découvrir le fameux campus. Quelques réflexions a brûle pourpoint et dans le désordre :
- Le campus est extrêmement bien équipé, à l’américaine (piscine, restaus, librairie, même un petit magasin microsoft), mais le staff a l’air extrêmement sérieux. C’est pas vraiment l’ambiance Google. Les gens ont l’air de travailler dans un campus extrêmement agréable, vert… mais profitent peu des facilités
- Ce campus fait essentiellement office de headquarter et de centre de formation. 10 000 employés, ça me paraissait déjà énorme à moi, l’habitué des petites entreprises. Mais ce n’est rien comparé à Mysore, centre de production principal d’Infosys en Inde !
- En vertu d’un dress code très élaboré, tout le monde arborait une tenue propre mais décontractée. Le lundi et le mardi, c’est cravate obligatoire, le mercredi et le jeudi, on lâche la cravate mais on garde le costume et le vendredi, on « Friday wearise », comme partout !
- Malgré sa croissance exponentielle, Infosys garde un modèle très conservateur d’expansion, fondé sur un contrôle très strict du P&L (pour les moins financiers d’entre vous, ça veut juste dire qu’ils vérifient que chaque employé rapporte bien au moins ce qu’il coûte !), assez peu d’investissement en recherche et développement et une attention exceptionnelle portée au bien être du client récurrent !
- C’est peut être pas très fun, mais ça donne à Infosys une réserve de trésorerie de plus de 2 milliards de dollar
- L’essentiel des revenus (60%) provient encore de clients américains, mais le marché indien commence à devenir une opportunité.
- La création et le développement d’Infosys constituent une de ces « légendes » entrepreneuriales abondamment développée sur le site de quelques amis qui créent l’une des plus belles entreprises du monde à partir d’un investissement de 10$ et de beaucoup de travail
- Infosys a beau vivre de l’outsourcing, quand il s’agit d’elle-même, elle privilégie le développement « maison ». C’est le cas de beaucoup de groupes indiens, en partie pour des raisons toutes bêtes d’absence de prestataires efficace à proximité. De fait, le campus fait un peu « isolé », il n’est pas au centre d’un réseau universitaire, technologique, de sous traitants.. comme je l’imaginais. Ce réseau est peut être virtuel (l’implication de N.R dans des incubateurs et fonds de Bangalore en témoigne), mais je doute qu’il existe sur Electronic City le même type d’interactions entre anciens élèves, entreprises, universités, filières d’entreprises… qu’à Stanford. Les relations sont beaucoup plus complexes, familiales probablement. Je ne voudrais pas me ridiculiser plus en essayant de développer ce point. Si je ne suis pas lassé ou épuisé d’ici là, je vous suggère de lire le post de octobre 2010 pour un développement là-dessus !